Question à votre Section locale — Veuillez expliciter la loi sur le « droit au travail »

Q. : Veuillez expliciter la loi sur le « droit au travail ».

R. : La loi sur le droit au travail permet aux travailleurs d’accepter des emplois qui offrent des salaires et des avantages extra-légaux en dessous des normes habituelles. Ils s’exposent à une réduction du salaire minimum au travers d’une loi s’ils choisissent d’accepter ces conditions. Le principal objectif consiste à permettre aux entreprises et aux travailleurs de compétitionner avec des pays du Tiers monde sur le plan des salaires et des avantages extra-légaux, car ces entreprises déménagent leurs outils de production vers des pays qui ont peu, voire aucune, de lois sur le travail, la santé et sécurité et qui offrent des salaires de misère. Dans des milieux de travail syndiqués (comme celui de la production automobile), les salaires et avantages extra-légaux sont négociés pour l’ensemble des travailleurs et l’entreprise doit s’exécuter en respectant les clauses négociées de la convention collective (contrat de travail).

Les contrats syndicaux (contrats négociés) élèvent le niveau de tous les travailleurs et il est important que quelqu’un fasse pression sur la conscience de l’employeur.

Le droit au travail permet aux travailleurs de refuser de payer des frais d’adhésion à un syndicat. La loi fait miroiter aux travailleurs qu’ils peuvent se soustraire au payement de frais d’adhésion et quand même bénéficier des avantages découlant des contrats syndicaux. Au Canada, la formule Rand a été une pièce essentielle dans le cadre des relations de travail depuis qu’Ivan Rand, juge à la Cour suprême, a rendu sa décision en 1940 en précisant que les travailleurs des entreprises syndiquées doivent payer une adhésion, peu importe qu’ils soient membres du syndicat ou pas, car ils bénéficient des avantages des services offerts par le syndicat en place. Si la législation sur le droit au travail est votée au Parement, on peut s’attendre à ce qu’elle soit attaquée sur une base juridique au Canada, car la loi actuelle est claire et ne présente presque aucune faille.

Le président étatsunien, Barack Obama, prétend que cette loi accorde aux travailleurs un droit au travail pour un salaire moindre.

Les entreprises, qui cherchent à augmenter leurs profits en offrant des salaires moindres et moins d’avantages extra-légaux, tant pour les travailleurs syndiqués, pour les travailleurs non syndiqués, ont exercé d’intenses pressions sur les gouvernements pour qu’ils adoptent cette loi sur le droit au travail.

Cette législation interpelle directement les travailleurs qui ont subi des problèmes financiers à cause d’une perte de revenu ou d’emploi, car pour eux, n’importe quel emploi est mieux que le chômage — ce qui est compréhensible. Toutefois, l’acceptation d’un emploi sous-payé, dénué d’avantages extra-légaux et de caisse de pension de retraite crée d’autres sortes d’inconvénients lorsque, par exemple, les travailleurs ou un membre de leur famille tombent malades ou ont besoin de soins dentaires qui ne sont pas couverts par une assurance. Le travailleur éprouvera un sentiment de culpabilité de ne pas être en mesure de pourvoir aux besoins médicaux de ses proches et il deviendra amer, en colère et sera sur la défensive. Ces sentiments se traduiront par une atmosphère malsaine qui régnera au sein de sa famille.

Les travailleurs ont un besoin criant (bien que souvent non reconnu) de quelqu’un qui peut faire face au grand nombre d’entreprises cupides qui ne parlent qu’en matière de profits et qui ne tiennent aucunement compte de la valeur financière et communautaire d’un bassin de travailleurs sains et motivés. La lutte se poursuit depuis l’invention du système monétaire et se poursuivra — il y a toujours deux faces à chaque histoire, à chaque conflit, à chaque système monétaire.

Rotha Lennox,
Présidente
Section locale 70713
Syndicat des travailleurs de l’environnement

 

 

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