Modifications proposées aux jours de congé maladie à la fonction publique — qu’est-ce qui attend les employés souffrant d’une maladie mentale?

Le 10 juin 2013, M. Tony Clement (président du Conseil du Trésor) a dévoilé le plan du gouvernement du Canada en matière de « Modernisation de gestion de l’incapacité » dans la fonction publique.

Dans son annonce, M. Clement a expliqué que le gouvernement veut inviter les intervenants syndicaux à adopter ces changements, de manière à créer un système qui est plus « effectif, efficient et équitable envers tous les membres du personnel ». Il a également souligné la nécessité de repenser le système actuel qui date d’il y a une quarantaine d’années et qu’à cette époque on ne parlait pas ouvertement, ni ne reconnaissait « la santé mentale — c.-à-d. le stress, l’anxiété, la dépression. »

Il s’agit d’un sujet important et je suis très curieuse de savoir comment on abordera la santé mentale dans le cadre de ce nouveau système d’incapacité et de congés.

Au cours de l’année écoulée, la santé mentale était au centre des préoccupations; d’ailleurs, des rapports indiquaient que près d’une personne sur cinq souffrait d’une maladie mentale. Voici quelques faits concernant la maladie mentale :

  1. les symptômes de maladie mentale ne sont pas toujours apparents et ils peuvent se manifester que très longtemps après les évènements déclencheurs,
  2. on ne reconnaît pas toujours les symptômes comme faisant partie intégrante d’un état de santé qui décline,
  3. les maladies mentales sont difficiles à reconnaître à diagnostiquer et peuvent très bien passer inaperçues pendant longtemps avant d’être traitées par des spécialistes,
  4. les maladies mentales requièrent des traitements et des accommodations de longue durée, parfois même pour le restant de la vie de la personne,
  5. les maladies mentales stigmatisent (encore toujours) et nombreux sont ceux qui éprouvent une honte à admettre qu’ils souffrent d’une maladie mentale,
  6. les gestionnaires peuvent éprouver des problèmes à transiger avec une personne souffrant d’une maladie mentale à qui ils peuvent imposer des mesures disciplinaires dans l’espoir de « régler » la situation, ce qui ne fait qu’augmenter le stress de l’employé,
  7. la microgestion, l’intimidation et le harcèlement peuvent provoquer des maladies mentales ou aggraver des conditions existantes.

Je me pose de nombreuses questions quant aux employés qui ne répondraient pas aux conditions du contrat d’assurance, si le nouveau système d’incapacité doit commencer à se fier à des couvertures d’assurance à court ou à long terme pour offrir un soutien financier aux employés durant leur période de maladie.

Les demandes d’indemnisation pour maladie mentale pourraient devenir les demandes les moins accordées, tout simplement en raison de la difficulté à les diagnostiquer, parce que les symptômes peuvent être diffus ou encore parce que la personne peut tout simplement se trouver dans un de ses bons ou mauvais jours au moment du diagnostic.

Pour faire face à un refus d’indemnisation, un employé malade pourrait décider de retourner au travail et, au bout de quelques mois, faire l’objet de mesures disciplinaires en raison d’absentéisme ou de rendement insuffisant, détériorant donc encore plus sa situation.

Si le but est de confier aux compagnies d’assurance le soin d’indemniser les employés qui doivent prendre des jours de congé maladie, alors les polices devront être équitables pour tous les employés et les raisons de refus d’indemnisation doivent être limitées. Dans la vie, on peut devoir faire face à d’autres choses qu’une intervention chirurgicale pour réduire la fracture d’une jambe ou pour remédier à un problème physique — le cerveau peut tomber malade et ses besoins uniques doivent faire partie intégrante des considérations, à défaut de quoi nos efforts se limiteront à de beaux discours. Nous devons nous assurer que ces nouveaux programmes comprennent bien et prennent en compte les complications reliées à la maladie mentale. De cette façon, nous nous assurons que TOUS les travailleurs seront traités équitablement lorsqu’ils seront frappés par la maladie mentale et par des traumatismes personnels.

Mon vœu le plus cher est d’avoir un nouveau système qui promette « un soutien amélioré pour les problèmes actuels et émergents en matière de maladie mentale » et qu’il tienne bel et bien compte des circonstances particulières, des défis et du soutien nécessaires aux employés touchés par des problèmes de santé mentale.

(Pour consulter l’intégralité du communiqué de presse du SCT : http://www.tbs-sct.gc.ca/media/nr-cp/2013/0610-fra.asp ).

 

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